Maison Aldébaran
L'ordre secret des choses
Le manifeste
Nous ne cherchons pas l'éclat : nous cherchons l'endroit exact où la lumière consent à se poser, et nous y déposons une pierre.
Une pièce naît d'un dessin repris vingt fois, d'un chaton limé à la main, d'un serti clos dont personne ne verra jamais le revers — et c'est là, précisément, que l'ouvrage se juge.
Moins de soixante créations quittent l'atelier chaque année, numérotées et signées, parce qu'au-delà on cesse de reconnaître sa propre main.
Les créations en cours





Les pièces achevées quittent l'atelier accompagnées de leur dessin d'origine et du poinçon de la maison.

Le volume de la pièce, bientôt
Emplacement du modèle tridimensionnel — la bague tournera lentement sous la main.
Une pièce
L'Aurore Ophélia
Elle fut dessinée un matin de février, alors que la lumière traversait encore les vitres dépolies de la rue de la Paix, et il fallut trois cires perdues avant que le chaton n'accepte de disparaître sous la pierre.
Le diamant taille rose y repose en serti clos, sans griffe visible, comme une goutte tenue par le métal seul ; on la reconnaît moins à son éclat qu'à sa manière de retenir l'ombre.
Douze exemplaires seulement, chacun signé au revers et numéroté au poinçon d'Étienne Aldébaran.
- Pierres
- Un diamant central taille rose de 1,84 ct, seize diamants taille brillant
- Matières
- Or blanc fondu à l'atelier, platine pour le chaton
- Atelier de création
- 24 rue de la Paix, Paris 2e — établi n° 3
- Disponibilité
- Sur demande
Le geste
Quatre temps, dont trois invisibles

I
Dessin
À la gouache, sur papier teinté, on cherche l'assise du chaton et la hauteur exacte du cabochon ; le trait fixe déjà l'épaisseur du métal, au dixième de millimètre.

II
Cire perdue
La cire est taillée puis grattée jusqu'à la transparence, coulée en or fondu à l'établi, et l'empreinte disparaît dans l'opération — un modèle pour une seule pièce.

III
Sertissage
Serti clos pour les tailles roses, grains repoussés à l'échoppe pour les brillants : le métal se déplace, il ne se perce pas, et la pierre tient sans qu'on voie ce qui la tient.

IV
Polissage
Au feutre, puis au coton, en passes de plus en plus lentes ; l'oxyde s'en va, les arêtes s'adoucissent, et l'on cesse quand la surface ne renvoie plus l'établi mais la lumière de la fenêtre.

L'atelier
Trois générations, un seul établi
Étienne Aldébaran, gemmologue formé à Anvers, ouvrit en 1962 deux pièces au troisième étage du 24 rue de la Paix, à quelques pas de la place Vendôme ; sa petite-fille y travaille aujourd'hui sur le même établi, dont le bois garde la trace des limes anciennes.
Rien n'y est produit en nombre. Les portes s'ouvrent sur rendez-vous uniquement, le temps d'un entretien, d'un dessin posé sur la table et d'une pierre regardée à la loupe.
Reconnaissance
« Chez Aldébaran, le serti clos tient de l'aveu : on ne montre pas comment la pierre est retenue, on la laisse simplement être là. »
« Une maison qui préfère achever cinquante pièces plutôt que d'en promettre mille, et dont le silence, rue de la Paix, s'entend très bien. »
« Aucune vitrine, aucune boutique, aucun catalogue en ligne : la rareté n'est pas ici une stratégie, elle est une cadence de travail. »
Écrire à la maison